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Belgische Senaat

Handelingen

DONDERDAG 2 FEBRUARI 2006 - NAMIDDAGVERGADERING

(Vervolg)

Mondelinge vraag van de heer Josy Dubié aan de minister van Sociale Zaken en Volksgezondheid over «de balans van de ziekte van Creutzfeldt-Jakob» (nr. 3-980)

M. Josy Dubié (ECOLO). - Les médias répercutent régulièrement les développements de l'épidémie de grippe aviaire, créant ainsi dans l'opinion des vagues de grande inquiétude que ne justifie pas le nombre, heureusement peu élevé, de victimes humaines de l'épidémie, qui a jusqu'à présent et heureusement épargné notre pays.

Par contre on ne parle pratiquement plus d'une autre maladie, incurable à ce jour, et de l'épidémie que des spécialistes annonçaient pourtant comme inévitable et meurtrière.

Il s'agit de la maladie dite de la « vache folle » dans sa composante humaine, à savoir la maladie de Creutzfeldt-Jakob, ou encéphalopathie spongiforme humaine.

Les pronostics les plus sombres ont été un moment avancés sur le nombre potentiel de victimes de cette terrible maladie à prions qui détruit de manière irréversible le cerveau des personnes atteintes.

J'ai appris pourtant que, contrairement à la grippe aviaire qui épargne toujours la Belgique, des personnes - notamment une jeune femme d'une vingtaine d'années seulement - sont décédées de cette maladie dans notre pays. Je sais aussi, et vous allez sûrement me le dire dans votre réponse, qu'il y a différentes formes de cette maladie et que la forme liée à la maladie de la vache folle n'a pas encore été identifiée en Belgique. Il n'en reste pas moins que des personnes inquiètes souhaitent des confirmations.

Pouvez-vous confirmer cette information et nous dire le nombre de personnes mortes des conséquences de cette maladie, en Belgique, depuis le début de l'épidémie ?

Où en sont les recherches sur les origines précises et les moyens de se prémunir contre la transmission des prions porteurs de la maladie ? Y a-t-il des médicaments pour lutter contre cette maladie une fois détectée ?

M. Rudy Demotte, ministre des Affaires sociales et de la Santé publique. - La maladie de Creutzfeldt-Jakob se présente sous différentes formes. La première est dite sporadique ; on n'en connaît pas pour l'instant l'étiologie. La deuxième est la forme génétique ou familiale qui est l'effet d'une mutation d'un gène. La troisième forme, iatrogène, est transmise lors de traitements médicaux ou chirurgicaux particuliers. Enfin, la quatrième forme dite variante est liée à l'ingestion d'aliments contaminés.

Votre question, monsieur Dubié, concerne la composante humaine de la maladie dite de la vache folle, donc la forme variante. Or la jeune femme à laquelle vous faites allusion est décédée non de cette forme variante mais de la forme sporadique.

Jusqu'à présent, aucun cas de forme d'encéphalopathie n'a d'ailleurs été observé dans notre pays.

La maladie de Creutzfeldt-Jakob fait, en Belgique, l'objet d'une surveillance depuis 1998. Un réseau d'experts et sept centres de référence offrent un suivi coordonné par l'Institut scientifique de santé publique. Les données sont publiées, accessibles et actualisées sur le site www.iph.fgov.be/epidemio.

Entre 1998 et 2004, le nombre de cas confirmés et probables de la maladie sont de 110 pour la forme sporadique et de quatre pour la forme familiale.

Les moyens de précaution, notamment pour se prémunir contre les prions, sont multiples.

Outre le réseau de surveillance et ses connexions qui donnent lieu à un échange d'informations à l'échelle européenne, l'Institut scientifique de santé publique suit également l'évolution des connaissances en la matière. En fonction de celles-ci, il procédera également à des recommandations pour la prévention de la transmission de la maladie, par exemple en milieu hospitalier, puisque vous avez entendu que c'est un des modes de contamination, dans les abattoirs et à travers les produits sanguins.

Vous savez que nous avons déjà débattu de ce problème dans cette assemblée. Une série de lignes directrices sont rédigées dans le cadre du Conseil supérieur d'hygiène.

Sur le plan vétérinaire, de nombreuses mesures ont été prises. Je rappelle que le budget de l'Agence fédérale pour la sécurité alimentaire est de l'ordre de 175.000.000 d'euros, ce qui montre que nous avons beaucoup investi à ce niveau.

Nous avons également mis en place un système qui permettra de détruire certains éléments que nous estimons dangereux pour la santé. C'est ainsi que toute carcasse est d'abord débarrassée des tissus à risque et que tout animal âgé de plus de 30 mois est testé. Le système existant en Belgique est donc relativement sévère au regard de ce qui est mis en place partout ailleurs en Europe et dans le monde.

Le troisième point sur lequel je voulais vous donner une réponse - malheureusement moins positive, comme vous le pressentiez - concerne le traitement de la maladie.

Pour le traitement de la maladie symptomatique, il n'existe à ce jour aucun médicament spécifique. J'espère que, demain, j'aurai de meilleures informations à vous donner, mais je ne suis pas à la tribune pour inventer des choses.

M. Josy Dubié (ECOLO). - Je vous remercie, monsieur le ministre, de votre réponse. Elle me permettra de rassurer ceux qui m'ont interrogé à ce sujet et qui sont inquiets parce que des personnes de leur entourage sont décédées de cette maladie.

Malheureusement, vous confirmez qu'il n'existe pas de traitement à l'heure actuelle pour tous les types de cette maladie. Espérons que des solutions seront trouvées rapidement dans ce domaine.