Questions et Réponses

SÉNAT DE BELGIQUE


Bulletin 3-33

SESSION DE 2004-2005

Questions posées par les Sénateurs et réponses données par les Ministres

(Fr.): Question posée en français - (N.): Question posée en néerlandais


Ministre de la Coopération au développement

Question nº 3-1977 de M. Destexhe du 7 janvier 2005 (Fr.) :
Génocide au Rwanda. — Assassinat de citoyens belges. — Résolution adoptée en séance plénière du Sénat le 1er avril 2004. — Mise en application.

La résolution sur le génocide au Rwanda a appelé « le gouvernement à œuvrer pour la création, sous l'égide de la communauté internationale, d'un fonds de soutien aux victimes survivantes ».

Il est, par ailleurs, important que les survivants du génocide ne soient pas oubliés dans les programmes de coopération.

1. Quels sont les programmes de soutien direct aux rescapés du génocide ?

2. Serait-il possible d'affecter un pourcentage des montants de la coopération au développement à une aide aux rescapés du génocide ?

Réponse : La problématique du génocide et de la gestion du « post-génocide » est une des problématiques prioritaires du Rwanda. La Belgique soutient les efforts du Rwanda dans ce domaine.

Le programme indicatif de coopération défini conjointement par les autorités rwandaises et belges équivaut à un montant de 75 millions d'euros sur trois ans. Différents domaines bénéficient du soutien de la coopération au développement belge tels que le secteur de la bonne gouvernance, de la santé, de l'éducation et du développement rural.

Le secteur de la justice bénéficie d'une attention toute particulière. En effet, un large programme de soutien au ministère de la Justice est en cours d'exécution ainsi qu'aux institutions Gacaca. En effet, tant pour les autorités rwandaises que la Belgique, le droit à la justice fait partie du processus de réconciliation nationale et du soutien nécessaire aux rescapés du génocide. Le soutien total à ce secteur est de l'ordre de 6 millions d'euros.

Un autre secteur important pour le soutien aux rescapés du génocide est le secteur de la santé.

La Belgique finance divers projets dans ce secteur dont, notamment, la deuxième phase du projet « santé mentale ». Ce projet s'insère dans la politique nationale du Rwanda en matière de santé mentale élaborée pour la première fois en 1995 en collaboration avec l'Organisation mondiale de la santé.

Il vise divers objectifs qui peuvent être regroupés autour de cinq axes :

— le renforcement de la formation continue du personnel médical et infirmier pour une meilleure qualité de soins psychiatriques;

— la nécessité de développer des capacités de coordination aux différents niveaux d'action (national, local, ...);

— l'amélioration des structures de référence pour assurer des formations qualifiantes et proposer des lieux de stage aux étudiants des filières médicales, infirmières et de psychologie clinique;

— une efficacité accrue du fonctionnement du dispositif de santé mentale en facilitant notamment la gestion du flux de patients, l'accessibilité aux soins et une meilleure intégration de soins de santé mentale dans les soins en général;

— un soutien aux initiatives visant à développer au sein de la communauté les ressources suffisantes pour gérer et résoudre des difficultés individuelles ou collectives consécutives au contexte post-conflit.

La Belgique par le biais de sa coopération au développement entend donc soutenir les rescapés du génocide selon une approche multi-sectorielle et pluriannuelle.