Questions et Réponses

Sénat de Belgique


Bulletin 3-23

SESSION DE 2003-2004

Questions auxquelles il n'a pas été répondu dans le délai réglementaire
(Art. 66 du règlement du Sénat)

(Fr.): Question posée en français - (N.): Question posée en néerlandais


Ministre des Affaires sociales et de la Santé publique Santé publique

Question nº 3-1234 de Mme Van de Casteele du 28 juillet 2004 (N.) :
Antibiotiques. ­ Surconsommation.

Dans sa note « Six leviers pour un meilleur accès et un usage rationnel des médicaments dans le secteur ambulatoire », l'honorable ministre écrit qu'il y a dans notre pays, d'une part, une surconsommation globale des antibiotiques et, d'autre part, une surconsommation d'un certain nombre d'antibiotiques des dernières générations.

S'agissant de l'utilisation des fluoroquinolones, en particulier la lévofloxacine et le moxifloxacine, cette utilisation serait réellement alarmante.

L'honorable ministre a proposé un certain nombre de mesures à l'objectif desquelles je peux souscrire. Je suis par exemple d'accord pour dire qu'il faut éviter une surconsommation d'antibiotiques et le développement du phénomène de résistance à ceux-ci.

L'honorable ministre ne précise toutefois pas que le danger de résistance varie selon les classes d'antibiotiques.

En outre, une prescription rationnelle implique selon moi de ne pas prescrire des antibiotiques coûteux lorsque les alternatives moins chères sont tout aussi efficaces. Cela suppose évidemment de tenir compte non seulement du prix de revient par DDD ou par jour, mais aussi du prix de revient par traitement.

La responsabilisation des prescripteurs est à cet égard un facteur important. Elle nécessite bien sûr une information optimale et un feedback fiable de leur profil prescripteur. La cellule d'information de l'INAMI a un rôle à jouer en la matière.

En liant la revalorisation des honoraires des médecins à leur comportement prescripteur, on a intégré dans l'accord médico-mutualiste un incitant supplémentaire en vue de provoquer une rupture de tendance. Il subsiste toutefois des questions sur son application, de même que sur la limitation prévue des indications remboursées en médecine ambulatoire pour les antibiotiques de dernière génération.

1. Un article du Journal des médecins fait référence à des données récentes de l'IPhEB qui indiqueraient que, depuis 2003, l'utilisation des chinolones en médecine ambulatoire stagne. Les graphiques sur lesquels l'honorable ministre base son analyse ne vont que jusqu'à 2002.

L'honorable ministre sait-il comment les choses ont évolué en 2003-2004 sur le plan de l'utilisation judicieuse des antibiotiques ?

Est-il exact qu'il y avait déjà une rupture de tendance avant la convention ?

Dans ce cas, la revalorisation des honoraires sera-t-elle appliquée comme prévu dans l'accord médico-mutualiste ?

Que faut-il entendre au juste par la rupture de tendance demandée dans cet accord ?

2. L'honorable ministre pourrait-il me fournir un aperçu du prix par traitement pour les catégories d'antibiotiques les plus utilisés ?

3. Pourrait-il me fournir un aperçu du risque de résistance pour les différentes catégories d'antibiotiques ?

4. Selon des études européennes, 60 % des antibiotiques administrès en médecine humaine sont prescrits pour des infections des voies respiratoires supérieures, alors que la plupart de ces affections sont virales et qu'elles ne peuvent donc être traitées efficacement par des antibiotiques. Quel est le point de vue de l'honorable ministre à ce sujet ?

5. Quelles indications d'antibiotiques des dernières générations l'honorable ministre veut-il exclure du remboursement ?

Quel calendrier prévoit-il à cet égard ?