Questions et Réponses

Sénat de Belgique


Bulletin 3-14

SESSION DE 2003-2004

Questions posées par les Sénateurs et réponses données par les Ministres

(Fr.): Question posée en français - (N.): Question posée en néerlandais


Ministre de la Défense

Question nº 3-819 de M. Destexhe du 11 mars 2004 (Fr.) :
Armée belge. ­ Restructuration. ­ Commandement paracommando. ­ Suppression.

Par son « Plan directeur de la Défense » du 3 décembre 2003, le gouvernement a voulu prendre les mesures nécessaires pour se doter des Forces armées plus réduites, plus flexibles, plus mobiles, mieux équipées et pouvant être mises en oeuvre plus rapidement.

La Brigade paracommando constitue un groupement d'unités répondant à la philosophie préconisée dans ce plan directeur. Ce groupement peut s'intégrer dans n'importe quel contexte international ou dans une opération d'évacuation de nos nationaux. Dans toutes les opérations à l'étranger où la vitesse d'intervention était capitale (Afrique centrale, Somalie, Albanie, Kosovo, Iran), ce furent ces unités qui furent mises en oeuvre les premières.

Son existence correspond aux orientations prises par tous nos alliés (US, britanniques, français, hollandais, allemands, ...). L'Allemagne, par exemple, vient de décider de répartir ses forces en 35 000 hommes de « Forces de réaction rapide », 70 000 de « Forces de maintien de la paix » et 130 000 de « Forces d'appui ».

Dans le plan directeur, il a été décidé de supprimer le Commandement des paracommandos, de disperser son état-major et ses unités d'appui dans d'autres modules, de placer les centres d'entraînement sous commandement centralisé, de réduire ses bataillons (organisation, matériel et missions) au niveau du tout-venant et de rattacher administrativement ces bataillons à deux « groupes de commandement » (ex-brigades) différents.

Ne pensez-vous pas qu'il s'agit simplement d'une autre répartition de moyens existants ? Ne pensez-vous pas que l'on va perdre deux caractéristiques indispensables à ce type de missions : la cohésion des unités et la continuité de l'entraînement ?

Vous prétendez conserver une spécificité paracommando au sein des bataillons devenus modules. Ne pensez-vous pas à la lecture de la directive « Doctrine d'emploi intercomposantes » que le maintien à terme d'une spécificité paracommando effective est impossible si on supprime le Commandement paracommando existant ?

Celui-ci est en effet seul capable de mener une mise en condition spécifique et de réagir rapidement face à une situation de crise. Son maintien me semble également indispensable à une intégration harmonieuse de notre participation à une force de réaction rapide qu'elle soit constituée sous l'égide de l'OTAN ou de l'Union européenne.

Le Régiment et/ou la Brigade paracommando représente l'avenir, l'outil d'intervention rapide à longue distance que les nations de l'Union européenne souhaitent mettre en place et que le plan de restructuration prévoit dans ses perspectives.

L'honorable ministre peut-il me dire quelles sont ses intentions par rapport au Commandement paracommando ?

Réponse : Le savoir-faire de la Brigade paracommando sera transféré dans les états-majors de composantes et les deux nouveaux quartiers généraux de brigade. Ceux-ci engloberont le personnel ayant les connaissances requises, ainsi que le matériel spécifique, permettant ainsi d'élargir cette sphère de compétence à l'ensemble de la Défense. Dans la phase de transition 2004-2007, toutes les unités paracommando dépendront soit du Quartier général de Brigade Nord, sur lequel la priorité est mise pour le transfert de personnel et de matériel spécifique et dont le prochain commandant sera un colonel paracommando, soit de l'état-major de la composante terre. Dès 2007, un quartier général de Brigades Sud sera mis sur pied, avec les mêmes possibilités que le quartier général de Brigade Nord. Cette organisation assurera donc la cohésion des unités paracommando et la continuité de leur entraînement.

La spécificité paracommando est maintenue vu que l'état-major de la composante Terre, ainsi que les deux nouveaux quartiers généraux de brigade polyvalents disposeront de spécialistes paracommandos aptes à reprendre les tâches remplies au sein de l'état-major de la brigade paracommando.

Cette restructuration n'aura donc pas de conséquence sur nos engagements internationaux ni sur notre capacité à réagir en cas de crise.