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Belgische Senaat

Parlementaire handelingen

DONDERDAG 4 MEI 2000 - NAMIDDAGVERGADERIN

(Vervolg)

Vraag om uitleg van de heer Georges Dallemagne aan de staatssecretaris voor Ontwikkelings-samenwerking over «de vermindering van de Belgische bijdrage voor het Ontwikkelingsprogramma van de Verenigde Naties (UNDP)» (nr. 2-122)

M. Georges Dallemagne (PSC). - Il est récemment apparu dans la presse que vous envisageriez, M. le ministre, de réduire de façon substantielle la contribution du gouvernement belge au Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD).

Si mes informations sont exactes, la contribution belge, qui s'élevait pour l'année 1999 à 589,2 millions de francs belges, serait ramenée pour l'année 2000 à 520 millions, soit une réduction de l'ordre de 12% au lieu des 610 millions annoncés lors de la présentation du budget 2000.

Bien que nous n'ayons reçu aucune information précise à ce sujet, il semble que la nouvelle répartition des contributions envisagée se fasse essentiellement au bénéfice d'agences onusiennes dites «humanitaires» telles que l'OCHA - Office for Coordination of Humanitarian Affairs -.

Cela m'amène à vous poser les questions suivantes :

Confirmez-vous cette réduction de la contribution belge au PNUD?

Quelle est la justification de ce changement d'attitude, s'il est avéré, vis-à-vis de l'agence des Nations unies qui, outre un important rôle de coordination, est en charge du programme de lutte contre la pauvreté et du développement durable?

Ne considérez-vous pas que, dans le contexte actuel, une telle décision sera immanquablement interprétée au sein du système des Nations unies comme un signal d'encouragement à ceux qui sont tentés de diminuer leur contribution aux agences des Nations unies ou même de ne pas effectuer leurs paiements?

Une telle décision doit-elle être considérée comme un alignement de notre politique d'aide sur celle des États-Unis et comme une sanction vis-à-vis d'une des rares agences internationales à lutter pour un peu plus de justice sociale dans les relations internationales ?

M. Eddy Boutmans, secrétaire d'État à la Coopération au développement. - Tout d'abord, aucune décision définitive n'a été prise sur quoi que ce soit. Les informations parues dans la presse sont un peu prématurées mais il est vrai que nous avons discuté, à New York, avec différentes organisations onusiennes et autres du type de programmes que nous aimerions appuyer à l'avenir ainsi que de leurs demandes et de notre position, etc. Il est également vrai que, dans l'ensemble de notre collaboration multilatérale, une réduction de la contribution au PNUD est envisagée. Je crois cependant, M. Dallemagne, que votre interprétation est erronée. Il s'agit plutôt d'un rééquilibrage envisagé que d'une politique de fond allant dans le sens d'un relâchement de la lutte contre la pauvreté et d'une réduction de l'aide humanitaire, ce qui n'entre absolument pas dans nos intentions.

Il m'est difficile de vous donner des chiffres puisque rien n'est définitif. Si je vous donne des chiffres aujourd'hui, vous me dirai peut-être, dans quelques semaines ou dans quelques mois, que je vous ai mal informé. Le chiffre que vous avez cité pour 1999, soit 589 millions, est toutefois réel ; nous envisageons - nous en avons discuté avec M. Mallobrown et nous en reparlerons lors de sa visite dans quelques semaines - de le réduire à 520 millions. En effet, quand nous comparons notre contribution au PNUD à celle des autres pays donateurs et à notre contribution à d'autres organisations onusiennes, nous constatons un certain déséquilibre, d'autant plus que - on ne vous le cachera d'ailleurs pas au siège du PNUD - cette organisation a rencontré des problèmes de gestion et d'efficacité ; elle est en train de revoir son rôle en envisageant, peut-être davantage de mauvais gré que de bon gré, de le limiter. Nous estimons donc qu'il sera probablement justifié de réduire notre contribution, mais cela se fera en pleine concertation avec cette organisation.

En tout cas, je puis vous rassurer quant à ma vision politique. J'envisage, entre autres, d'augmenter nettement la contribution de la Belgique à une organisation telle que le FNUAP qui travaille efficacement au niveau des problèmes de la population, d'autant plus que notre contribution fut fort réduite durant les années précédentes, malgré les promesses internationales qui avaient été faites. Je pense aussi à la CNUCED, au PNUE pour l'environnement en général, à HABITAT pour l'environnement urbain, à l'OHCDH, l'organisation pour les droits de l'homme, à l'UNICEF, à l'UNICEM, à l'UNESCO et aussi à l'OCHA. Je rappelle que mon prédécesseur avait lancé l'idée de cette conférence humanitaire sur l'Afrique centrale, plus particulièrement sur le Congo. Nous essayons toujours d'obtenir la tenue de cette conférence mais ce n'est guère aisé. C'est, notamment, dans cette perspective qu'on avait prévu une augmentation possible de notre contribution à l'OCHA. Il est toutefois vrai que le PNUD joue un rôle important de coordination sans disposer d'un budget régulier à cet effet. C'est la raison pour laquelle il faut maintenir une contribution importante qui soit inscrite au budget régulier du PNUD. Il n'entre pas du tout dans mes intentions de réduire encore davantage notre contribution à ce programme. Cependant, après comparaison avec les contributions des autres donateurs, il semble raisonnable de réduire d'un certain pourcentage nos autres contributions aux diverses organisation onusiennes et à d'autres organisations.

M. Georges Dallemagne (PSC). - Je remercie le secrétaire d'État de sa réponse. Je me félicite des efforts entrepris pour tenter d'améliorer le financement d'agences comme le FNUAP qui joue un rôle extrêmement important en matière de population. Je reste néanmoins inquiet à propos de la réduction du budget, si elle devait être confirmée, et ce pour deux raisons. D'abord, parce que la Belgique bénéficie d'une image extrêmement positive au sein du système des Nations unies, notamment au niveau du PNUD, parce qu'elle en est un soutien important et historique. L'attitude de la Belgique étant observée de près par d'autres donateurs, elle pourrait avoir un effet d'entraînement sur ceux-ci, avec des conséquences budgétaires importantes pour le PNUD. Ensuite, parce que d'après les informations que j'ai obtenues, le PNUD comptait sur ces montants qui avaient été annoncés. Se poserait un problème quant à la fiabilité des chiffres avancés par la Belgique pour le financement des agences internationales. Je pense que ce serait dommageable pour l'image de notre pays. On a besoin d'une bonne agence de coordination au sein du système d'autant que celui-ci est actuellement en crise et doit pouvoir compter sur un pivot qui peut être le PNUD, notamment pour les programmes de développement à long terme et les programmes d'environnement. J'espère, M. le secrétaire d'État, que vous pourrez tenir compte de ces éléments dans votre décision finale.

M. Eddy Boutmans, secrétaire d'État à la Coopération au développement. -Je voudrais signaler que, parmi les organisations onusiennes qui méritent certainement d'être appuyées, j'ai oublié de citer l'ONUSIDA. Par ailleurs, ceux qui ont pour rôle de coordonner dans le cadre du PNUD ne sont pas les seuls - et on peut le déplorer - à assurer une réelle coordination dans tous les pays ni à avoir cette ambition. Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne évolution mais les choses sont ainsi.

- Het incident is gesloten.