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Question écrite n° 7-152

de Rik Daems (Open Vld) du 22 novembre 2019

au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes, et de la Défense, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales

État islamique en Irak et au Levant (EIIL) - Implantation au Congo - Demande d'aide des autorités congolaises - Assistance

République démocratique du Congo
État islamique
terrorisme
France
force à l'étranger
coopération militaire
intégrisme religieux
islam
islam politique
radicalisation

Chronologie

22/11/2019 Envoi question (Fin du délai de réponse: 26/12/2019 )
16/4/2020 Réponse

Question n° 7-152 du 22 novembre 2019 : (Question posée en néerlandais)

De plus en plus d'indices montrent des liens entre l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL ou Daech) et le groupe rebelle ougandais appelé 'Forces démocratiques alliées' qui mène des attaques en République démocratique du Congo.

Lors d'une récente réunion de l'Atlantic Council, le président congolais Félix Tshisekedi a lancé une mise en garde contre la tentative de Daech d'établir un califat en Afrique. Cela fait malheureusement plusieurs années que le nord-est du Congo est aux prises avec divers groupes rebelles qui terrorisent les populations locales.

Afin d'empêcher l'implantation de Daech au Congo, il semble que le président congolais cherche l'appui, entre autres, des États-Unis. L'ambassade des États-Unis à Kinshasa avait d'ailleurs été fermée en novembre 2018 en raison d'une menace d'attentat de Daech.

Le 19 avril 2019, Daech a revendiqué l'attaque d'un poste militaire à Kamango. Plusieurs militaires congolais auraient été tués. Si cette information est exacte, il s'agit de la première attaque effective de Daech au Congo.

Le président français Emmanuel Macron a promis une aide militaire à la République démocratique du Congo dans sa lutte contre les groupes armés actifs dans l'est du pays.

Dans l'est, l'armée congolaise mène régulièrement des opérations contre les Forces démocratiques alliées d'origine ougandaise. Ce groupe est accusé d'avoir assassiné, depuis octobre 2014, des centaines voire des milliers de civils dans les environs de Beni, une ville située dans l'est du Congo. Depuis le début de cette année, le groupe terroriste Daech a revendiqué certaines des attaques lancées par les Forces démocratiques alliées.

La présente question porte sur une compétence régionale transversale. Les positions prises par le gouvernement flamand et défendues aux Nations unies font l'objet d'une coordination systématique avec les autorités fédérales. Les Régions conduisent la politique économique. Dans les domaines relevant de leurs compétences internes, les entités fédérées contribuent à déterminer la position de la fédération.

La politique étrangère de la Belgique est coordonnée au sein de la Conférence interministérielle de la Politique étrangère, où les différents niveaux de pouvoir sont représentés. Cet organe se réunit à nouveau depuis le 6 juillet 2015. Je me réfère également à l'accord de gouvernement fédéral: "Le gouvernement s'efforcera particulièrement d'accorder la politique et les positions des gouvernements des différents niveaux de pouvoir concernés de notre pays."

Je souhaiterais donc poser les questions suivantes:

1) Comment réagissez-vous aux informations selon lesquelles Daech opérerait effectivement dans les zones frontalières du Congo? Disposez-vous d'éléments relatifs au nombre et à l'identité des rebelles de Daech qui y seraient déployés?

2) A-t-on déjà sollicité l'aide de notre pays, dans un contexte bilatéral ou multilatéral? Avez-vous connaissance d'une demande formelle d'assistance adressée par le Congo aux États-Unis?

3) Que pensez-vous de la décision française d'accorder une aide militaire au Congo? La France a-t-elle pris des initiatives afin d'associer notre pays à cette assistance militaire ? Pourriez-vous donner des explications détaillées à ce sujet?

4) Pouvez-vous expliquer concrètement les démarches que nous mènerons dans les différents forums internationaux pour éviter que certains éléments de Daech, après avoir fui de Syrie ou d'Irak, ne tentent de s'implanter en Afrique, et notamment au Congo?

5) Pouvez-vous donner un aperçu de l'assistance militaire que notre pays fournit au Congo? Pouvez-vous indiquer si les services de sécurité respectifs collaborent pour établir l'identité des combattants étrangers au Congo?

6) Avez-vous été informé de la présence de compatriotes combattant en Afrique au sein de groupes liés à Daech? Dans l'affirmative, de combien de personnes est-il question et où opèrent-elles?

7) Cela a-t-il une incidence sur les conseils aux voyageurs souhaitant se rendre au Congo?

Réponse reçue le 16 avril 2020 :

Le Belgique reste attentive à l’activité des différents groupes armés qui opèrent à l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Si un de ces groupes, les ADF, a, semble-t-il, tenté un rapprochement avec d’autres groupes terroristes internationaux, mon département n’a à ce jour pas connaissance de combattants terroristes étrangers («Foreign Terrorist Fighters» ou FTF) belges, membres de Daesh en Iraq ou en Syrie, qui aurait rejoint l’Afrique centrale.

Le président Felix Tshisekedi a appelé les membres de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) à la création d’une coalition régionale pour éradiquer le fléau de l’insécurité créé par les groupes armés à l’est de la RDC. La Belgique n’a pas connaissance d’autres demandes formelles.

La Belgique rappelle l’importance d’une approche régionale intégrée dans la lutte contre les groupes armés à l’est de la RDC et plaide pour une coopération renforcée entre les pays de la région et avec la MONUSCO, et ce en lien étroit avec les mécanismes régionaux existants dans le domaine de la paix et la sécurité.

La problématique des «Foreign Terrorist Fighters» (FTF) est suivie de près dans divers fora internationaux. La Belgique est ainsi membre du groupe de travail «FTF» de la Coalition globale pour défaire Daesh. Ce groupe de travail vise à maximaliser les échanges et bonnes pratiques en la matière. Notre pays, membre non permanent du Conseil de sécurité, suit les développements de près en matière de FTF ainsi que de menaces de Daesh et Al-Qaïda. Dans ce cadre, il a transmis ses vues aux experts onusiens par rapport au développement de ces menaces, y compris en Afrique. Au niveau des ministres de l’Intérieur, La Belgique joue aussi le rôle central dans l’initiative du G-16, réunissant les pays européens les plus touchés par le phénomène des FTF. Je tiens à souligner que la Belgique signale internationalement les FTF repris sur les listes de la base de données conjointes de l’OCAM.

Après la suspension de la coopération militaire entre la Belgique et la RDC en avril 2017, les contacts ont repris depuis mai 2019 et les états-majors se sont rencontrés à plusieurs reprises pour examiner les modalités d’une reprise de la coopération militaire en tenant compte des besoins exprimés par les autorités de la RDC.

En ce qui concerne l’avis de voyage pour la RDC, celui-ci reste que les voyages non-essentiels sont déconseillés et qu’une grande vigilance est recommandée.