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Question écrite n° 6-1518

de Güler Turan (sp.a) du 6 juillet 2017

au vice-premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Economie et des Consommateurs, chargé du Commerce extérieur

Chine - Transports - Investissements en Europe - Conséquences - Opportunités

Organisation mondiale du commerce
Chine
transport de marchandises
infrastructure de transport
installation portuaire
transport maritime
Grèce
politique extérieure
investissement étranger

Chronologie

6/7/2017 Envoi question (Fin du délai de réponse: 10/8/2017 )
14/1/2019 Rappel
23/5/2019 Fin de la législature

Question n° 6-1518 du 6 juillet 2017 : (Question posée en néerlandais)

Les dimanche 14 et lundi 15 mai, se déroulait en Chine le premier sommet « Belt and Road Forum », une conférence mise sur pied par les autorités chinoises en vue de stimuler les investissements dans les infrastructures en Asie, en Europe et en Afrique. La Chine veut renforcer sa position dans le monde en effectuant des investissements dans les transports et dans l'énergie et en créant de nouveaux canaux pour exporter ses marchandises vers d'autres régions du monde. On établit souvent un parallèle avec la route historique de la Soie. Un des deux trajets les plus importants relie la Chine à l'Europe en passant par le Kazakhstan et la Russie. L'autre trajet passe par le Kazakhstan, l'Iran, la Turquie et la Grèce. Dans les deux cas, la plus grande partie du trajet se fait par chemins de fer. Un projet pilote a déjà été lancé au mois de janvier, avec un train de marchandises reliant Yiwu, près de Shanghai, à Londres en quatorze jours. À titre de comparaison : par cargo, le même voyage dure deux mois.

En d'autres termes, la route a du potentiel mais il y a également des raisons d'être sceptique. Ainsi, l'initiative arrive à un moment où la Chine exerce un important lobbying au sein de l'Organisation mondiale du commerce pour obtenir un plus large accès aux marchés extérieurs. Il semble peu probable que l'autorité chinoise accepte de supporter l'ensemble des coûts du projet. Des pays comme l'Inde ont exprimé leur scepticisme alors que la plupart des pays de l'Asie du Sud et de l'Asie centrale soutiennent le projet.

Entretemps, le « The People's Daily », journal le plus important de Chine, a publié différents articles évoquant dans le détail l'effet que les investissements chinois ont sur le port grec du Pirée. Dans quelques années, celui-ci deviendra un des ports les plus modernes d'Europe, assurant le traitement le plus rapide des conteneurs. Moderne et rapide, ce sont précisément des qualités qui caractérisent notre port d'Anvers. D'où les questions suivantes :

1) Que pense le ministre de cette initiative chinoise ? Quelle position a-t-il défendue aux niveaux belge et européen ? Les entités fédérées étaient-elles représentées à la conférence en question ?

2) Le ministre estime-t-il lui aussi que cette initiative comporte des risques économiques et que les investissements chinois déjà existants dans les pays européens peuvent mettre sous pression notre port et notre industrie ? Dans l'affirmative, que répond la Flandre à ce sujet ?

3) Pour le moment, aux yeux de la Chine, l'Europe constitue surtout un débouché pour les produits chinois mais chaque transport effectué vers nos pays doit également faire le trajet inverse, en direction de la Chine. Le ministre entrevoit-il des possibilités de stimuler, grâce à ce projet, les exportations vers la Chine, par exemple des produits du secteur fruitier et du secteur des boissons ?