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Question écrite n° 5-8107

de Guido De Padt (Open Vld) du 14 février 2013

à la secrétaire d'État à l'Asile et la Migration, à l'Intégration sociale et à la Lutte contre la pauvreté, adjointe à la ministre de la Justice

Jeunes footballeurs africains - Espoirs du football - Managers de football - Données chiffrées - Retour

sport professionnel
traite des êtres humains
migration illégale
migration de retour
droit de séjour

Chronologie

14/2/2013 Envoi question
26/3/2013 Réponse

Question n° 5-8107 du 14 février 2013 : (Question posée en néerlandais)

Chaque année, des centaines de jeunes footballeurs africains seraient attirés en Europe par des promesses de contrats faramineux et de célébrité. Ils sont souvent abandonnés à leur sort peu après leur arrivée. Les managers considèrent les footballeurs africains comme des produits. Ils les « essaient » et s'ils ne sont pas assez bons, ils les laissent purement et simplement tomber.

Les managers promettent le septième ciel aux jeunes Africains et à leurs parents, mais ils insèrent une condition très lourde dans le contrat : les parents doivent renoncer à leurs droits parentaux. Si les jeunes ne se révèlent pas assez talentueux, ils aboutissent dans la rue et il n'est pas rare qu'ils versent dans la criminalité.

La préférence des managers pour la Belgique n'a, semble-t-il, rien d'étonnant car les footballeurs y obtiennent leur permis de travail assez facilement. La situation se complique toutefois lorsque les clubs se défont des joueurs. L'annulation du contrat entraîne celle du permis de travail. Ils sombrent alors dans l'illégalité. Tel serait le sort de 90 % de ces jeunes espoirs africains du football.

En Belgique, personne n'est apparemment en mesure de préciser leur nombre exact. Selon une récente étude française, environ 7 000 jeunes seraient dans la rue après avoir été abandonnés par leur manager de football. L'activité de ces managers véreux se trouve à la limite entre traite des êtres humains et exploitation économique.

Nous devons oser nous demander si, après avoir vécu ces déboires, ils ne feraient pas mieux de renoncer à leur rêve et de retourner au Nigéria. Les joueurs eux-mêmes n'envisagent pas le retour. Ils n'ont plus d'avenir en Afrique. Leur seule perspective est, là-bas aussi, le vagabondage. Ils pensent qu'ils doivent se montrer patients et attendre jusqu'à ce qu'ils obtiennent des papiers.

Les espoirs du football qui ne sont pas arrivés à percer sont trop honteux pour rentrer dans leur pays natal. En cas de retour, le choc est important : considérés comme des vedettes, ils sont obligés de beaucoup mentir. En Afrique, on pense qu'une personne qui revient d'Europe est riche. Tout le monde attendait beaucoup de leur part (Ann-Sofie Dekeyser, Zwarte parels voor de zwijnen, De Standaard, 9 février 2013, p. 20-22).

D'où les questions suivantes :

1) La secrétaire d'État dispose-t-elle de données chiffrées concernant le nombre de footballeurs africains arrivés en Belgique durant la période 2008-2012 et de quelle manière ? Combien d'entre eux ont-ils ensuite sombré dans l'illégalité ?

2) Confirme-t-elle qu'en Belgique, il est plutôt facile d'obtenir un permis de travail ? Est-il exact que le permis de travail de ces footballeurs expire lorsqu'on met fin à leur contrat ? Que deviennent-ils alors ?

3) La secrétaire d'État partage-t-elle le point de vue selon lequel l'activité des managers véreux se trouve à la limite entre traite des êtres humains et exploitation économique ? Peut-elle expliquer sa réponse ?

4) Pour la secrétaire d'État, les footballeurs pensent-ils en effet qu'ils n'ont qu'à rester ici jusqu'à ce qu'ils obtiennent des papiers ? Partage-t-elle le point de vue selon lequel un retour serait préférable ? Comment compte-t-elle en persuader ces footballeurs et organiser ce retour ?

Réponse reçue le 26 mars 2013 :

L'honorable membre trouvera ci-après la réponse à sa question.

1) L’Office des Étrangers (OE) n’opère pas de catégorie spécifique quant aux statistiques pour les footballeurs africains en matière de délivrance de visa ou de titre de séjour.

2) La délivrance des permis de travail relève de la compétence des Régions. En l’occurrence, l’OE ne se prononcer sur cette question. Si le permis de travail prend fin, en principe, le tire de séjour de l'étranger sera normalement retiré et dans ce cas, l’étranger recevra un « ordre de quitter le territoire », à moins qu'il n’a obtenu entre-temps un séjour sur une autre base.

3) Il incombe aux pouvoirs judiciaires de déterminer où se situe la limite entre la traite des êtres humains et l’exploitation économique dans le cadre des affaires de ces agents de joueurs douteux.

4) Lorsqu’une personne n’est plus autorisée à séjourner en Belgique, elle doit quitter le territoire. Le retour volontaire représente alors la méthode la plus humaine pour organiser son départ. Nous misons énormément sur l’échange d’informations en matière de retour volontaire. Le préposé au guichet de l’administration communale fournit en effet des informations sur le retour volontaire à toutes les personnes qui reçoivent un OQT. Avant celles-ci introduisent une demande, elles sont redirigées vers ce réseau d’accompagnateurs au retour. Depuis juin 2012, l'Agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile (FEDASIL) dispose également d’un guichet de retour accessible à tous et doté d’une ligne d’assistance téléphonique gratuite. Parallèlement aux canaux formels que nous venons de mentionner, une personne qui souhaite retourner au pays peut aussi s’adresser à un partenaire de retour. Ces partenaires de retour sont des organisations (centres d'aide sociale générale, Organisation non-gouvernementale (ONG), associations de migrants…) réparties sur tout le territoire, proposant le retour volontaire parmi leur offre de services et habilitées à introduire elles-mêmes des demandes de retour.