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Question écrite n° 5-6950

de Alexander De Croo (Open Vld) du 29 aôut 2012

au ministre du Budget et de la Simplification administrative

BNB - Utilisation de données de Google en tant qu'indicateurs économiques - Prévisions conjoncturelles

banque centrale
Internet
moteur de recherche
prévision économique
indicateur économique
intelligence économique
analyse économique

Chronologie

29/8/2012 Envoi question
18/10/2012 Réponse

Aussi posée à : question écrite 5-6949

Question n° 5-6950 du 29 aôut 2012 : (Question posée en néerlandais)

Les banques centrales du monde entier ont de plus en plus souvent recours à Google pour prévoir des tendances économiques telles que le chômage, la demande de biens de consommation et les bulles immobilières.

Les indicateurs économiques traditionnels tels que le produit intérieur brut et les ventes immobilières sont liés au passé. Or, les économistes établissent des prévisions à partir de ces données. Pour le professeur Erik Brynjofsson, c'est comme s'ils « regardaient dans le rétroviseur ».

Les recherches Google, en revanche, sont plutôt axées sur le futur et auraient dès lors une valeur prospective supérieure. Cela fait déjà un an que la Banque centrale israélienne se sert de ces données. Depuis lors, les banques américaine, britannique, italienne, espagnole, turque et chilienne utilisent elles aussi Google. La Banque israélienne a constaté, dans sa propre enquête, que les données de Google pouvaient permettre de prévoir les récessions.

Si les banques centrales savent mieux prédire la santé de l'économie, elles sont également mieux placées pour agir de manière correcte et proactive. L'une des raisons de l'attrait pour Google en tant qu'indicateur économique est la rapidité avec laquelle l'information est mise en ligne. Aux États-Unis, les statistiques officielles sont confectionnées sur une base mensuelle avec un retard de deux semaines. Google a besoin de trois jours tout au plus.

Ce piètre résultat m'amène à poser au ministre les questions suivantes :

1) Reconnaissez-vous le potentiel que présentent les termes de recherche sur internet, tant sur le plan économique qu'en tant qu'instrument politique permettant de suivre de près la conjoncture ?

2) La Banque nationale de Belgique (BNB) utilise-t-elle d'ores et déjà les données de moteurs de recherche tels que Google et/ou des médias sociaux pour découvrir plus rapidement les nouvelles tendances ? Dans l'affirmative, pouvez-vous fournir une explication concrète et les données sont-elles payées ? Dans la négative, pourquoi pas et pourrait-elle éventuellement y avoir recours dans le futur ?

2) Votre cellule stratégique et/ou vos services d'appui utilisent-ils les données des moteurs de recherche tels que Google et/ou des médias sociaux ? Dans l'affirmative, quelle est la finalité de ces données ? Dans la négative, pourquoi ?

Réponse reçue le 18 octobre 2012 :

1. Les indicateurs économiques sont établis par la Banque nationale de Belgique et le Bureau fédéral du Plan. Ils ne sont donc pas établis par le gouvernement, mais par ces institutions, selon une méthodologie entièrement élaborée et validée qui a fait ses preuves. Ainsi, les prévisions conjoncturelles sont établies à l’aide du baromètre de conjoncture de la Banque nationale de Belgique, selon une méthodologie entièrement élaborée, qui est également utilisée de manière comparable dans d’autres pays.

L'Institut des Comptes nationaux est compétent en matière de comptes publics. Le ministre du Budget n'en est pas le ministre de tutelle et n'a dès lors aucune autorité sur ledit Institut. Il ressort effectivement de recherches que les termes de recherche sur l'internet présentent un potentiel dans le contexte économique et permettent de suivre de près la conjoncture. Toutefois, il faut les utiliser avec prudence. Des recherches ont révélé que les termes de recherche ne présentent aucune plus-value pour certains indicateurs. Il se peut aussi que l'augmentation de l'utilisation d'un certain terme de recherche renvoie plutôt à un fait indépendant de la conjoncture et des intentions des internautes (par exemple un article paru dans les médias).  

2. La question spécifique concernant l'utilisation de données par la Banque nationale de Belgique peut être posée via le ministre des Finances, étant donné qu’un représentant de ce ministre assiste d’office aux réunions du Conseil de régence de la Banque nationale.  

3. La cellule stratégique et les services d'appui suivent de près les évolutions internationales et nationales. Les moteurs de recherche et les médias sociaux constituent des outils bienvenus dans ce contexte. Le nombre d’occurrences d’un terme de recherche déterminé n’est toutefois pas suivi de manière systématique. En effet, établir un budget est un travail spécifique qui respecte une méthodologie spécifique. Dans le cadre de cette méthodologie, les organismes précités fournissent les données économiques, sur la base desquelles le budget est établi. L’existence d’un décalage dans le temps entre le moment où les indicateurs économiques sont rendus disponibles et celui où le budget est déposé est inévitable dans le cadre de ces travaux budgétaires. C'est pourquoi il est opté pour l’utilisation, en premier lieu, de méthodes validées et robustes en matière de prévisions économiques. Cela n'empêche pas qu'une analyse de termes de recherche puisse fournir des informations additionnelles et compléter les prévisions validées.