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Question écrite n° 5-10046

de Guido De Padt (Open Vld) du 8 octobre 2013

à la vice-première ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargée de Beliris et des Institutions culturelles fédérales

Bactéries nosocomiales - Infections nosocomiales - Hygiène des mains - Hôpitaux - Centres résidentiels de soins - Phase préhospitalière - Transport des malades - Élargissement des campagnes

infection nosocomiale
maladie infectieuse
hospitalisation
transport de malades
premiers secours

Chronologie

8/10/2013 Envoi question
28/4/2014 Fin de la législature

Question n° 5-10046 du 8 octobre 2013 : (Question posée en néerlandais)

Une hospitalisation n'est pas dénuée de risques. En moyenne 6 % des patients hospitalisés contractent une infection durant leur séjour à l'hôpital.

Le Service public fédéral (SPF) Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement et la Plate-forme fédérale d'hygiène hospitalière organisent, depuis 2005, les campagnes nationales « Vous êtes en de bonnes mains ». La campagne vise à sensibiliser tous les travailleurs de la santé dans les hôpitaux à l'importance de l'hygiène des mains. Elle utilise à cette fin des imprimés, du matériel didactique, un quizz en ligne et un gadget. Elle s'adresse non seulement au dispensateur de soins mais aussi au patient : celui-ci est en effet un partenaire essentiel de la promotion de la qualité des soins. La campagne englobe également une étude, laquelle mesure l'observance pré-campagne et post-campagne des prescriptions relatives à l'hygiène des mains. Une grande partie des infections nosocomiales sont hélas inévitables. Ces infections allongent souvent la durée de l'hospitalisation, nécessitent un traitement supplémentaire et peuvent entraîner la mort.

Aucune donnée n'est disponible dans notre pays sur les risques que court le patient entre son domicile (habitation, maison de repos, maison de repos et de soins, habitat groupé, etc.) et l'arrivée à l'hôpital, entre autres lors du transport des malades, en urgence ou non. C'est par les mains du personnel soignant que les bactéries nosocomiales se disséminent le plus facilement. L'hygiène des mains est dès lors une manière efficace et bon marché d'éviter ces infections. Si l'on poursuit constamment les efforts pour parvenir à une bonne hygiène des mains, le nombre d'infections nosocomiales pourra baisser dans quelques années. Cette campagne des autorités vise à encourager l'application d'une bonne hygiène des mains dans les institutions de soins. Une hygiène des mains correcte garantit en effet une diminution du nombre d'infections nosocomiales et permet de sauver des vies. Le fait qu'en 2009, la campagne ait été élargie en Flandre pour toucher non seulement les hôpitaux mais aussi les centres résidentiels de soins, montre clairement qu'il ne suffit pas de s'attaquer au problème au sein des établissements hospitaliers.

L'extension aux centres résidentiels de soins est une bonne chose mais les patients de ces centres qui doivent être hospitalisés sont presque toujours transportés en ambulance. Or ce secteur n'est justement pas visé par la campagne alors que son personnel reçoit une formation limitée, a fortiori concernant ce problème. On peut se demander pourquoi cette campagne du SPF Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement et de la Plate-forme fédérale d'hygiène hospitalière ne s'adresse pas au secteur qui fait le trait d'union entre le domicile et l'hôpital. Ce secteur, celui des ambulances, peut jouer un rôle important dans ce domaine. Nous disposons aujourd'hui dans notre pays de trop peu de données scientifiques désignant le secteur des ambulances comme un des vecteurs possibles de la contamination des patients. Nous pouvons toutefois constater qu'à l'étranger, les études démontrant que la présence de virus et bactéries dans les ambulances pose problème et demandant que l'on s'intéresse à ce problème à l'avenir, sont particulièrement abondantes.

C'est pourquoi certains demandent que les services de l'aide médicale urgente comme les services ambulanciers secondaires soient associés à ces campagnes, ce qui permettrait de sensibiliser davantage encore les ambulanciers, les secouristes-ambulanciers et secouristes-ambulanciers infirmiers à l'importance de l'hygiène des mains et de l'hygiène dans l'ambulance en général. Le lavage et éventuellement la désinfection des mains des secouristes peut marquer le début d'une prise de conscience et d'une évolution vers une politique d'hygiène et de désinfection dans ce secteur.

Il ne s'agit finalement pas seulement de limiter ou exclure le risque de contamination pour les patients mais aussi de promouvoir la sécurité du personnel soignant. C'est pourquoi il est également intéressant que les autorités publiques examinent ce risque de près. Une telle étude pourrait peut-être aussi donner l'impulsion à l'élaboration d'un protocole d'hygiène pour les services ambulanciers.

1) Selon une étude de 2007, « Prehospital Emergency Care », analysant la présence du Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM), une bactérie nosocomiale, dans le parc d'ambulances, la contamination n'est généralement pas la conséquence directe du contact entre le patient et le matériel de l'ambulance mais surtout des actes posés par l'équipe ambulancière. Pourquoi les campagnes de la Plate-forme fédérale d'hygiène hospitalière n'ont-elles jusqu'à présent pas visé la « phase préhospitalière » ?

2) A-t-on l'intention d'étendre à l'avenir les campagnes aux ambulances des différents services (services d'incendie, hôpitaux, entreprises privées, Croix-Rouge, etc.) et du SMUR ?

3) De quel budget la Plate-forme fédérale d'hygiène hospitalière dispose-t-elle pour ses campagnes ? S'il ce budget s'avère insuffisant pour que les campagnes soient élargies à la « phase préhospitalière », sera-t-on prêt à l'accroître ?