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Question écrite n° 4-6997

de Pol Van Den Driessche (CD&V) du 17 février 2010

au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères et des Réformes institutionnelles

Tibet - Négociations - Gouvernement chinois et dalaï lama - Position de l'Union européenne et de la Belgique

question du Tibet
Chine

Chronologie

17/2/2010 Envoi question (Fin du délai de réponse: 18/3/2010 )
15/3/2010 Réponse

Requalification de : demande d'explications 4-1466

Question n° 4-6997 du 17 février 2010 : (Question posée en néerlandais)

Le 28 janvier 2009 a commencé la neuvième session des négociations sur le Tibet entre le représentant du dalaï-lama et les représentants du gouvernement chinois. Ce sont les premiers pourparlers depuis quinze mois. Les États-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne et le Danemark ont officiellement exprimé l'espoir que ces négociations soient constructives et débouchent sur un avenir meilleur pour le Tibet. « La concertation et le dialogue sont en effet la seule voie vers une solution pacifique à la question tibétaine », a déclaré le ministre danois des Affaires étrangères.

On peut se demander si, au début des négociations, les autorités chinoises avaient réellement l'intention d'arriver à une solution. Juste avant ce début, le pouvoir a approuvé durant le cinquième « Tibet Work Form » un nouveau plan de développement pour le Tibet. Ce plan vise essentiellement à promouvoir le développement économique de la région tibétaine. A ce jour, le gouvernement de Pékin a déjà investi 19 milliards d'euros dans le but de rendre plus prospère la population tibétaine. S'efforcer d'accroître le niveau de vie des Tibétains est certes une initiative louable, mais qui cache malheureusement d'autres motivations. On veut non seulement calmer l'agitation de la population pauvre en lui offrant un niveau de vie plus élevé afin de la détacher du dalaï-lama, mais aussi étendre les infrastructures. Grâce à de nouveaux quartiers, des hôpitaux, un nouvel aérodrome et des lotissements industriels, on espère attirer encore davantage de Chinois Han. En approuvant ce plan, le gouvernement chinois a tiré un coup de semonce : pour Pékin, un Tibet indépendant, séparé ou même autonome est exclu.

Les conversations se révélèrent donc inutiles. Les médias officiels chinois annonçaient le 1er février, à la clôture des pourparlers, qu'aucune concession ne serait faite en ce qui concerne la souveraineté nationale chinoise. Entre-temps, le président Barack Obama a fait savoir qu'il recevrait officiellement le dalaï-lama ce printemps.

1. Notre pays a-t-il, à l'instar des États-Unis, du Canada, de la Grande-Bretagne et du Danemark, exhorté le gouvernement chinois à négocier de façon constructive ? Si non, pourquoi ?

2. Dans quelle mesure notre est-il prêt, en liaison avec d'autres pays européens ou non, à soutenir de véritables négociations entre le gouvernement chinois et les représentants du dalaï-lama afin d'arriver à une solution raisonnable de la question tibétaine ?

3. La diplomatie belge considère-t-elle le « Mémorandum sur une autonomie réelle pour le peuple tibétain » comme la base d'une solution durable et pacifique ?

4. Lors de la précédente session de négociations en 2008, l'Union européenne (UE) avait prié les autorités chinoises de s'avancer rapidement sur le chemin d'un réel dialogue, constructif et orienté vers un résultat. L'UE a-t-elle réitéré ce type de déclaration au début des récents pourparlers ?

5. Y a-t-il eu l'une ou l'autre réaction européenne au nouveau plan chinois de développement du Tibet ?

Réponse reçue le 15 mars 2010 :

1. Dans les contacts bilatéraux importants avec les autorités chinoises, notre pays plaide pour l’espoir que les négociations entre les autorités chinoises et le Tibet puissent aboutir à une solution qui soit acceptable pour les deux parties.

2. Si demande il y a, la Belgique est prête, dans le cadre de l’Union européenne (UE), à donner son soutien aux négociations entre le gouvernement chinois et les représentants du Dalai Lama afin de trouver une solution au problème tibétain. Mais comme la Chine considère ces discussions comme étant une affaire intérieure, une telle demande semble exclue.

3. Il advient en premier lieu aux négociateurs chinois et aux représentants du Dalai Lama de parvenir à une solution qui soit acceptable par les deux parties. Le « Memorandum pour une autonomie pour le peuple tibétain » est une émanation des attentes tibétaines. La Chine a souvent déclaré que des éléments précis de ce mémorandum (comme l’élargissement de la région autonome tibétaine) n’étaient pas discutables.

4. L’Union européenne n’a pas fait de déclarations depuis le début des récentes négociations entre le gouvernement chinois et les représentants du Dalai Lama.

5. Il n’y a pas eu de réaction de l’UE sur le nouveau plan de développement pour le Tibet. Ce n’est pas possible parce que le gouvernement chinois n’a jamais rendu ce plan public. L’agence de presse chinoise Xinhua a seulement, quelques temps après les faits, annoncé que le Bureau Politique du PC chinois avait élaboré un tel plan en exposant en un paragraphe les grandes lignes de ce plan.