2-214

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Belgische Senaat

Handelingen

DONDERDAG 27 JUNI 2002 - NAMIDDAGVERGADERING

(Vervolg)

Vraag om uitleg van de heer Philips Mahoux aan de vice-eerste minister en minister van Buitenlandse Zaken over «Madagaskar» (nr. 2-816)

Vraag om uitleg van mevrouw Clotilde Nyssens aan de vice-eerste minister en minister van Buitenlandse Zaken over «de toestand in Madagaskar» (nr. 2-818)

De voorzitter. - Ik stel voor deze vragen om uitleg samen te voegen. (Instemming)

M. Philippe Mahoux (PS). - La Haute Cour constitutionnelle de Madagascar a proclamé, le lundi 29 avril, la victoire de Marc Ravalomanana à l'élection présidentielle de décembre, après recomptage des bulletins de vote. Ces chiffres annulent les résultats officiels proclamés en décembre, qui ne donnaient aucun vainqueur dès le premier tour, M. Ravalomanana recueillant 46,21% des voix et le président sortant, Didier Ratsiraka, 40,89%.

Les deux hommes revendiquant tous deux la victoire, l'île s'est retrouvée avec deux présidents. Depuis lors, la situation n'évolue pas dans un sens positif. En effet, Madagascar est en état de « mini-guerre civile » comme l'indique régulièrement la presse. M. Ravalomanana s'est lancé dans la conquête des provinces côtières, toujours aux mains du président sortant, Didier Ratsiraka, et est coincé entre deux positions. Il tient à la reconnaissance internationale de son élection. Or, un bain de sang ne le servirait pas, tant du point de vue international que du point de vue national. Par ailleurs, le statu quo ne paraît pas possible même si la situation évolue au jour le jour en fonction des informations qui nous parviennent. Madagascar paraît coupée en deux, avec deux présidents, deux gouvernements, deux banques centrales.

L'Organisation de l'unité africaine espère toujours une issue négociée à cette crise. L'objet de ma demande d'explications est de connaître la position de la Belgique face à cette situation. La Belgique a-t-elle reconnu officiellement le gouvernement de Madagascar ? La Belgique apporte-t-elle un soutien aux démarches entreprises par l'OUA pour trouver une solution pacifique à la crise, soit directement, soit indirectement, par l'entremise de l'UE ou des instances internationales ?

Mme Clotilde Nyssens (CDH). - Ma demande d'explications ira évidemment dans le même sens que les questions posées par M. Mahoux.

Il est vrai que des nouvelles nous arrivent tous les jours. Tous les jours, la situation change et il n'est pas toujours facile de savoir quelle ville est aux mains de qui.

Je suis favorablement impressionnée par le fait que la presse belge fasse largement écho à cette guerre civile qui n'en finit pas. Le jour où j'ai déposé ma demande d'explications, la capitale, Antananarivo, souffrait encore du blocus que lui imposait le clan de M. Ratsiraka. Hier, j'ai entendu à la radio que la situation de blocus s'améliorait mais Madagascar reste pratiquement coupée en deux.

Je n'interpellerai pas le vice-premier ministre sur la situation politique comme telle et encore moins sur la situation de la France. La question que tout Malgache se pose est de savoir pourquoi la France ne reconnaît pas Marc Ravalomanana. Cette question, qui est sur toutes les lèvres, est évidemment du ressort de la diplomatie française et pas de la nôtre.

Ce qui me préoccupe, c'est l'état dans lequel se trouve la population. La pénurie d'essence est forte dans la capitale et dans d'autres régions. La hausse des prix touche de plein fouet l'ensemble des populations les plus pauvres de Tana.

Je connais personnellement plusieurs familles malgaches. Les écoles sont en train de fermer leurs portes et on renvoie même les enfants qui étaient pris en charge par les internats.

Nous connaissons le rôle que tente de jouer l'OUA dans ce dossier avec, ou non, le soutien de la France. Les premières réunions de cette organisation africaine n'ont pas donné les résultats escomptés.

Comment la Belgique réagit-elle à cette guerre civile qui s'éternise ? Que pouvons-nous envisager, tant sur le plan diplomatique qu'en matière humanitaire ?

Voici quelques semaines, j'ai eu l'occasion d'interpeller le secrétaire d'État à la Coopération sur ce problème. J'ai appris que la Belgique n'avait pas conclu d'aide bilatérale avec Madagascar mais qu'une série d'ONG, subsidiées par la Coopération belge, travaillaient sur place.

Du point de vue politique, la situation de Madagascar a-t-elle été mise à l'ordre du jour de l'agenda du Conseil des ministres européens ?

D'après vos informations, quelle attitude la France suggère-t-elle d'adopter face à cette crise ?

Mes questions sont essentiellement motivées par la situation catastrophique de la population malgache, en particulier à Antananarivo.

M. Louis Michel, vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères. - Comme l'honorable parlementaire, j'ai suivi avec attention les développements préoccupants de la situation à Madagascar ces derniers mois et je peux vous confirmer l'essentiel des informations qu'elle a collectées.

En ce qui concerne les questions soulevées, quant à l'aide humanitaire d'urgence au nom de l'Union européenne, il convient de noter qu'un tel programme pour le Madagascar est déjà en cours dans le cadre de ECHO. L'Union européenne travaille en collaboration avec Médecins sans Frontières au Madagascar dans le cadre de ECHO, bien entendu avec tout le support de la Belgique.

Du point de vue politique, il semble maintenant que Ravalomanana ait accepté les termes du plan de sortie de crise à l'issue de la deuxième réunion de réconciliation, les 8 et 9 juin, à Dakar. Selon ces termes, Ravalomanana devrait former un gouvernement de réconciliation et s'engager à des élections législatives avant la fin de l'année, sinon à l'échéance de 2003. Le premier ministre de la transition sera désigné par Ravalomanana, et non plus conjointement par ce dernier et Ratsiraka, lequel semble avoir modéré son intransigeance.

Le plan de sortie de crise clarifie également le cadre dans lequel une solution à la crise malgache devrait être confirmée. Il est impératif qu'une solution soit entérinée au sein de l'Organisation de l'Union africaine. Dans ce sens, le comité central de l'OUA se réunira le 21 juin à Addis Abeba et l'organe central de l'OUA fera des recommandations au sommet de l'OUA de Durban. la politique belge et européenne consiste à appuyer les démarches africaines en facilitant une résolution pacifique pour la crise malgache.

En ce qui concerne l'attitude de la France dans ce dossier, je peux vous confirmer que la politique française s'inscrit dans le cadre de l'Union européenne et que la France a fourni un effort spécial en appuyant la médiation des différents acteurs africains, par exemple en mettant à disposition des moyens logistiques. Il est très important pour la Belgique que l'Union européenne poursuive son appui à la médiation du président Wade et de l'OUA.

Pour le moment, Madagascar n'est pas à l'ordre du jour du conseil des ministres européens, vu l'ébauche de solution qui semble se dessiner maintenant.

Il est évident que notre ambassade à Dar es Salaam ainsi que notre consul honoraire à Madagascar suivent la situation de très près et sont régulièrement en contact avec le ministère des Affaires étrangères afin d'échanger des informations sur le personnel des ONG belges ainsi que les ressortissants belges à Madagascar.

Quant à un rapatriement hypothétique des Belges de Madagascar, je peux vous confirmer, conformément aux arrangements pris, que les autorités françaises sur place prendront en charge l'évacuation de nos ressortissants.

La question semble néanmoins légèrement moins pressante, compte tenu des derniers développements.

Pour ce qui concerne la question particulière de M. Mahoux, comme je viens de le mentionner, les politiques belge et européenne consistent à appuyer les démarches africaines en facilitant une résolution pacifique de la crise malgache. Il est impératif qu'une solution soit entérinée au sein de l'OUA. Dans ce but, le comité central de l'OUA s'est réuni le 21 juin à Addis-Abeba et l'organe central fera des recommandations au Sommet de l'OUA à Durban. Il est évidemment important pour la Belgique que l'UE poursuive son appui à la médiation du président Wade et de l'OUA.

Pour le moment, il n'y a pas de reconnaissance officielle du nouveau pouvoir en place par notre gouvernement ou par la commission européenne.

Mes services continuent à suivre avec vigilance l'évolution de la situation.

M. Philippe Mahoux (PS). - Comme le ministre, j'espère un règlement pacifique et rapide de cette situation qui prend des proportions dramatiques à certains endroits.

Mme Clotilde Nyssens (CDH). - Le ministre a fait référence à une réunion qui devait se tenir le 21 juin. Nous savons maintenant que celle-ci n'a pas donné les résultats escomptés. Aussi, nous demeurerons attentifs.

-Het incident is gesloten.