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Question écrite n° 5-2430

de Cécile Thibaut (Ecolo) du 31 mai 2011

au ministre du Climat et de l'Énergie

Centrales nucléaires - Cattenom, Chooz et Tihange - Sécurité nucléaire - Conséquences de la sécheresse - Concertation franco-belge

centrale nucléaire
sécurité nucléaire
France

Chronologie

31/5/2011 Envoi question
11/7/2011 Réponse

Question n° 5-2430 du 31 mai 2011 : (Question posée en français)

Comme vous le savez, notre pays connaît, en ce printemps exceptionnel, une sécheresse quasiment sans précédent, avec des mesures très strictes de limitation de la consommation inusitées aussi tôt dans la saison.

Alors que vingt-six départements français ont déjà pris des mesures de restriction d'eau, de même que

certaines communes belges, certains observateurs estiment que le bon fonctionnement du parc nucléaire pourrait lui aussi être perturbé. Si l'aridité se prolonge, quarante-quatre des cinquante-huit réacteurs français situés en bord de rivière risquent d'être arrêtés, selon une récente analyse de l'Observatoire du nucléaire.

Les cours d'eau imposent en effet de nombreuses contraintes aux centrales. Elles doivent tout d'abord respecter des normes de débit minimal, définies au cas par cas, avant de prélever l'eau nécessaire au refroidissement de leurs installations.

Toujours selon l'Observatoire du nucléaire, une vingtaine de réacteurs sont ainsi susceptibles de manquer d'eau pour pouvoir être refroidis et pour éviter, dans les cas les plus graves, une fusion. Parmi ces réacteurs, il y a notamment ceux de Chooz (Ardennes) littéralement enclavé en territoire belge et de Cattenom (Lorraine).

Afin de préserver l'environnement et la biodiversité, les centrales ont également pour obligation de ne pas dépasser une certaine température dans les rivières, située autour de 28° C, lorsqu'elles rejettent l'eau venant des circuits de refroidissement. Si cette température est atteinte, la centrale doit réduire la puissance de ses réacteurs, voire les arrêter.

Quel est le débit suffisant pour assurer le refroidissement des centrales de Chooz, Tihange et de Cattenom ? Quel est le débit actuel de la Meuse et de la Moselle en amont de ces centrales ?

2) Dispose-t-on de projections quant à l'évolution de ce débit dans les prochaines semaines ?

3) Quels sont les risques, selon vous, d'une poursuite de la sécheresse que connaît notre pays sur la sécurité et la gestion des centrales nucléaire de Chooz, de Tihange et de Cattenom, pour ce qui concerne le débit nécessaire à les refroidir ou la température maximale de l'eau rejetée dans la Meuse et dans la Moselle ?

4) Ces centrales ont-elles déjà dû être ralenties ou arrêtées à cause d'un débit insuffisant de la Meuse ou de la Moselle ? Dans quelles circonstances ? À quelle époque ? Cela risque-t-il de se produire si la sécheresse actuelle se prolonge ?

5) Êtes-vous en contact régulier avec les autorités françaises au sujet des conséquences de la sécheresse sur les centrales de Chooz et de Cattenom ? Vous ont-elles informé des mesures prises par rapport à ce risque ? Quand a lieu la prochaine rencontre belgo-française de coordination de sécurité nucléaire ? Aura-t-elle cette question à son ordre du jour ? Une réunion extraordinaire n'est-elle utile pour traiter cette question ?

6) Quelles sont les mesures prises en Belgique au sujet des risques nucléaires consécutifs à la sécheresse que nous connaissons ?

Réponse reçue le 11 juillet 2011 :

Les questions de l'honorable membre relèvent des compétences de la ministre de l'Intérieur.