Version à imprimer bilingue Version à imprimer unilingue

Question écrite n° 5-1943

de François Bellot (MR) du 1 avril 2011

au ministre de la Défense

L'exode de l'armée

armée
recrutement
personnel militaire

Chronologie

1/4/2011 Envoi question
7/6/2011 Réponse

Requalification de : demande d'explications 5-720

Question n° 5-1943 du 1 avril 2011 : (Question posée en français)

En 2008, l'armée avait recruté 1 091 jeunes soldats, au 1er janvier 2009, il en restait 894 et au mois de janvier 2011, seulement 585 ! Des 1 218 militaires qui ont été recrutés en 2009, il y en avait encore 1 048 en service le 1er janvier 2010 et 810 au mois de janvier 2011. Beaucoup de jeunes candidats militaires quittent l'armée en mettant fin à leur contrat de manière prématurée six mois seulement après leur engagement !

À la lecture des chiffres, la Défense nationale est confrontée à un grave problème d'exode de ces jeunes recrues.

Cette fuite massive de l'armée vers la vie civile des jeunes recrues, ce qui représente 70 % des effectifs, ne serait-elle pas due au manque de confort au sein de nos casernes ?

N'y a-t-il pas là un cruel manque d'investissements au sein de notre armée ?

Dès lors, l'honorable ministre peut-il répondre à mes interrogations :

1) Ne serait-il pas nécessaire de revoir la communication de recrutement auprès des jeunes en leur exposant la réalité et non du rêve ? L'armée n'est pas un « Club Med » !

2) Pouvez-vous m'indiquer quels sont les critères de sélections et d'engagement du candidat militaire ? Quelle est la place du critère motivation et perspectives ?

3) Quelles mesures avez-vous prises afin d'éviter cet exode au sein de l'armée ?

4) Comptez-vous investir dans notre armée afin de remotiver non seulement les jeunes recrues mais aussi de manière générale l'ensemble du personnel militaire qui semble désœuvré, et en proie au spleen ?

Réponse reçue le 7 juin 2011 :

L’honorable membre est prié de trouver ci-après la réponse à ses questions.

Un nouveau concept de recrutement est en vigueur depuis fin 2009. Ce nouveau concept repose sur trois piliers.

Tout d’abord, il y a une démarche effectuée vers les jeunes de la part de recruteurs actifs, qui sont généralistes des métiers militaires et spécialistes des procédures de sélection.

Ensuite une rencontre est planifiée avec des recruteurs locaux, véritables témoins de leur métier à qui l’on demande de communiquer avec les jeunes en toute transparence et de manière réaliste à propos de leurs expériences et quotidien.

Enfin, dans le cadre de cette communication, la Défense utilise des supports (site internet, SMS, numéro vert,…) proches du monde digital des jeunes.

La Défense a donc adapté sa communication en mettant l’accent sur le réalisme, afin que les jeunes puissent choisir en pleine connaissance de cause.

Les opportunités de rencontres entre recruteurs locaux et les jeunes se multiplient (journées découvertes dans les écoles, stages de jeunes, visites à des centres d’information spécialisés, jobdays organisés par les différentes unités clientes du recrutement,…) et poursuivent un objectif commun : éviter que des jeunes ne s’engagent sans mesurer correctement les réalités de l’exercice du métier de militaire.

Quand à la sélection, une grande partie de la procédure est identique pour l’ensemble des recrutements: chaque postulant est soumis à une sélection administrative (conditions d’études, d’âge, nationalité, qualité morale,…), médicale, physique et psychotechnique (potentiel intellectuel, tests de personnalité, interview, motivation…).

De plus des épreuves académiques sont organisées pour la sélection des officiers et sous-officiers.

Chaque épreuve de sélection fait l’objet de seuils d’exclusion en deçà desquels un postulant est d’office déclaré inapte ce qui est également le cas pour la sélection psychotechnique au sein de laquelle le facteur motivation est pris en compte.

Les postulants aptes sont classés sur base d’une appréciation globale chiffrée, qui est le résultat d’une addition pondérée des résultats aux différentes épreuves.

Quant à la problématique du départ de jeunes recrues, celle-ci n’est pas neuve et n’est pas propre à la Défense.

Le métier de militaire est très exigeant et il est normal qu’avec l’expérience, qu’avec la famille, de nouvelles aspirations attirent les jeunes vers d’autres horizons.

C’est la raison pour laquelle j’ai d’ailleurs favorisé la mobilité externe, vers la SNCB ou vers d’autres employeurs publics ou même vers le secteur privé.

La question n’est pas selon moi, de bloquer ou d’interdire les départs, mais bien de garantir un recrutement suffisant.

Je suis, je crois, parvenu ces dernières années à assurer le recrutement.

Il faudra cependant le stabiliser à plus long terme.

Plutôt que d’amener nos militaires à nous quitter, comme le prévoyait le Concept de Carrière Mixte, il faudra permettre à ceux qui veulent rester de s’épanouir au sein d’un cadre dynamique.