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Question écrite n° 5-1537

de Louis Ide (N-VA) du 25 février 2011

à la vice-première ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargée de l'Intégration sociale

Hôpitaux - Quinolones et autres antibiotiques - Consommation

établissement hospitalier
antibiotique
statistique officielle
répartition géographique

Chronologie

25/2/2011 Envoi question
21/10/2011 Requalification

Requalifiée en : demande d'explications 5-1370
Réintroduite comme : question écrite 5-3692

Question n° 5-1537 du 25 février 2011 : (Question posée en néerlandais)

Cette question s’inspire en grande partie du texte de la question écrite nº 4-127 et de la question écrite n° 4-5216. Dans celle-ci, je demande des chiffres plus récents.

La prescription inadéquate d’antibiotiques entraîne une surconsommation. La surconsommation d’antibiotiques donne à son tour lieu au développement de bactéries résistantes, ce qui a des répercussions considérables sur la santé publique. On voit également apparaître de nouvelles bactéries résistantes, comme la Pseudomonas aeruginosa ou bacille pyocyanique. J’ai déjà épinglé ce problème, mondial et régional, dans mon livre Lof der Gezondheid.

En consultant les rapports annuels de l’European Surveillance of Antimicrobial Consumption (ESAC), on constate que plus l’on se dirige vers le nord de l’Europe, plus la consommation d’antibiotiques est faible et plus les bactéries sont encore sensibles. Plus l’on va vers le sud, plus les bactéries deviennent résistantes et plus la consommation d’antibiotiques est forte. Ce fait vient encore d’être confirmé par une étude de la Vrije Universiteit Brussel (VUB).

En ce qui concerne le staphylocoque doré résistant à la méthicilline (SDRM), la situation en Belgique se dégrade depuis quelques années : la Belgique adopte à cet égard un profil « latin » (rapport ESAC 2006). Le SDRM est lié, entre autres facteurs, à l’utilisation d’antibiotiques. Au total, la Wallonie consommerait 30% d’antibiotiques en plus que la Flandre (Journal du Médecin 2001).

Selon une étude de l’Inami sur l’utilisation des fluoroquinolones (août 2007), notre pays se situe en troisième position en Europe pour l’utilisation des quinolones. Seuls le Portugal et l’Italie nous devancent. L’étude de l’Inami n’établit toutefois aucune distinction entre les régions et les provinces. Or, une telle distinction a son importance si l’on veut pouvoir entreprendre une action ciblée.

J’aimerais dès lors que la ministre réponde aux questions suivantes. Je souhaiterais qu’elle me communique des chiffres bruts, à savoir des chiffres non standardisés. C’est important pour pouvoir suivre l’évolution dans le temps. Dès lors que l’Inami standardise les données, je ne peux plus les comparer avec les années antérieures. En cas de standardisation, on doit d’ailleurs être attentif aux facteurs susceptibles d’être pris en compte.

1). Quelle a été, pour les années 2008, 2009 et 2010, la consommation de quinolones en milieu hospitalier par région, exprimée en DDD (Defined Daily Dose - dose journalière définie) et en pourcentage de consommation de chaque région par rapport aux autres, ainsi que la consommation de moxifloxacine en particulier ?

2). Quelle a été, pour les années 2008, 2009 et 2010, la consommation de quinolones en milieu hospitalier par communauté, exprimée en DDD et en pourcentage de consommation de chaque communauté par rapport aux autres, ainsi que la consommation de moxifloxacine en particulier ?

3). Quelle a été, pour les années 2008, 2009 et 2010, la consommation de quinolones en milieu hospitalier, exprimée en DDD et en pourcentage de consommation de chaque province par rapport aux autres, ainsi que la consommation de moxifloxacine en particulier ?

4). Quelle a été, pour les années 2008, 2009 et 2010, la consommation de toutes les autres classes d’antibiotiques (telles que les céphalosporines, les bêta-lactamines, les monobactams, etc.) en milieu hospitalier par région, par communauté et par province, exprimée en DDD et en pourcentage de consommation de chaque communauté par rapport aux autres ?

5) Depuis peu, on demande aux hôpitaux de communiquer leur consommation d'antibiotiques exprimés en DDD par le biais du site web de l'Institut scientifique de santé publique - Santé publique & surveillance - Infections liées aux soins (NSIH). En 2009, cent-vingt hôpitaux belges l'ont fait. Cette opération s'est poursuivie en 2010. La ministre peut-elle fournir, par hôpital et pour les années 2009 et 2010, les DDD indiqués pour chaque classe d'antibiotiques - pénicilline, macrolides, carbapénèmes, céphalosporines, quinolones, etc. ?